KE 72, Fregate-F100, premiers largages visés en 2027, ce que ces avions doivent affronter face aux feux de forêt

Christian

La Sécurité civile prépare le renouvellement de ses avions bombardiers d’eau, dans un contexte de feux de forêt plus fréquents et plus intenses. Deux programmes français, le KE 72 porté par Kepplair Evolution et le Fregate-F100 développé par Hynaero, ont été retenus dans des lettres d’intention de la DGSCGC. L’objectif consiste à compléter, puis remplacer progressivement, une flotte vieillissante encore très dépendante d’appareils conçus outre-Atlantique.

Kepplair KE 72 vise les premiers largages en 2027

Le projet Kepplair Evolution repose sur une idée pragmatique: transformer un ATR 72, avion régional très répandu, en bombardier d’eau. Cette base industrielle réduit les risques techniques, car l’appareil dispose déjà d’un réseau de maintenance dense et d’un retour d’expérience important dans le transport civil. Le principe présenté par l’entreprise consiste à installer deux réservoirs et un nouveau plancher, avec une transformation annoncée en moins de 48 heures.

Le calendrier avancé par ses promoteurs reste serré. Les premiers essais en vol et les premiers largages sont évoqués pour la fin 2026 ou le début 2027, avant une certification attendue dans la foulée. L’équipe vise aussi une démonstration publique lors du salon du Bourget, objectif ambitieux pour un appareil destiné à évoluer à basse altitude, dans des conditions de chaleur, de fumée et de turbulence particulièrement exigeantes.

Le KE 72 serait utilisé depuis des aéroports ou des bases déjà équipées, avec un ravitaillement au sol. Cette configuration le distingue des appareils amphibies capables d’écoper sur un plan d’eau. Elle offre en revanche une logique de déploiement rapide depuis des infrastructures existantes, notamment dans les zones où les pistes régionales restent sous-utilisées une partie de l’année. Pour les services de secours, l’intérêt réside dans la multiplication possible des points d’appui.

L’argument économique pèse lourd dans le dossier. Selon les éléments communiqués par Kepplair, l’achat serait inférieur de 30 à 40 % à certaines solutions concurrentes. Ce différentiel peut compter pour une flotte nationale appelée à grossir si les saisons de feux continuent de s’allonger. Le modèle ne couvre pas tous les besoins opérationnels, mais il peut renforcer les capacités lors des pics de mobilisation, quand plusieurs départements réclament des moyens aériens simultanément.

Hynaero Fregate-F100 relance la filière amphibie française

Le Fregate-F100 défendu par Hynaero s’inscrit dans une autre approche: celle de l’avion amphibie pensé dès l’origine pour la lutte contre les incendies. Comme les Canadair, il doit pouvoir écoper sur un lac, un étang ou en mer, puis repartir immédiatement vers le front de flammes. Cette capacité réduit les temps de rotation lorsque les points d’eau sont proches du sinistre, un avantage déterminant sur les feux rapides du littoral méditerranéen.

Ce programme répond aussi à une question industrielle plus large. Les flottes européennes de bombardiers d’eau reposent encore en grande partie sur des appareils nord-américains, souvent anciens, dont le remplacement devient plus complexe à mesure que la demande mondiale augmente. En signant des lettres d’intention avec Hynaero et Kepplair, la DGSCGC cherche à sécuriser une offre nationale et à donner de la visibilité à des industriels encore engagés dans des phases de développement.

La France a déjà modernisé une partie de ses moyens. Depuis 2019, six Dash de dernière génération ont été livrés, avec une capacité de largage de 10 000 litres. Ces appareils apportent un volume important, mais ils ne remplacent pas les missions spécifiques des amphibies. Les Canadair restent précieux pour les rotations courtes, tandis que les Dash et les futurs avions terrestres répondent davantage à une logique de projection depuis des bases aériennes.

Les lettres d’intention ne valent pas commande ferme. Elles constituent un signal politique et opérationnel, avec des étapes encore lourdes: financement, certification, essais, montée en cadence industrielle et formation des équipages. Les besoins, eux, sont déjà identifiés par les secours civils. Lorsque plusieurs foyers se déclenchent dans le Sud, en Corse ou dans l’Ouest, la disponibilité des appareils devient un facteur critique. Les prochains essais du KE 72 et l’avancement du Fregate-F100 seront donc suivis de près par les pompiers, les élus locaux et les acteurs européens de la sécurité civile.

Questions fréquentes

Pourquoi la France cherche-t-elle à renouveler ses bombardiers d’eau ?
La flotte actuelle vieillit alors que les feux de forêt gagnent en fréquence et en intensité. Les besoins portent sur des appareils plus disponibles, adaptés aux rotations rapides et capables d’être mobilisés sur plusieurs zones en même temps.
Quelle différence existe entre le KE 72 et le Fregate-F100 ?
Le KE 72 est fondé sur la transformation d’un ATR 72 et opère depuis des aéroports avec ravitaillement au sol. Le Fregate-F100 est conçu comme un avion amphibie capable d’écoper directement sur un plan d’eau.
Les nouveaux avions sont-ils déjà commandés par la Sécurité civile ?
À ce stade, il s’agit de lettres d’intention signées par la DGSCGC. Les programmes doivent encore franchir des étapes de financement, d’essais, de certification et d’industrialisation avant une mise en service large.

À retenir

  • La Sécurité civile soutient deux programmes français de bombardiers d’eau.
  • Le KE 72 repose sur la transformation d’avions régionaux ATR 72.
  • Le Fregate-F100 vise les missions amphibies proches du modèle Canadair.
  • Les lettres d’intention ouvrent une phase industrielle encore décisive.

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