Le feu du massif du Gros Bessillon, parti près de Pontevès, est fixé depuis vendredi 7 août au soir, selon la préfecture du Var. Le bilan provisoire fait état de 6 300 hectares parcourus par les flammes et d’une mobilisation cumulée de plus de 11 200 sapeurs-pompiers venus de France et d’Europe. Après 18 jours d’intervention, la surveillance demeure indispensable, car un feu fixé n’est pas un feu éteint.
Le Gros Bessillon fixé après 18 jours d’incendie
La qualification de feu fixé marque une étape opérationnelle importante pour le Gros Bessillon. Elle signifie que les flammes ne progressent plus, mais que des points chauds peuvent encore provoquer des reprises. Les équipes restent donc déployées sur les lisières, les vallons et les secteurs déjà brûlés, où les souches et les sols peuvent conserver une chaleur intense pendant plusieurs jours.
L’incendie est parti à proximité de Pontevès, dans un secteur boisé et difficile d’accès. Le relief du centre Var a compliqué la progression des engins terrestres, tandis que le vent a favorisé des sautes de feu. Les flammes ont parcouru 6 300 hectares, un niveau rare pour ce département méditerranéen, avec des dégâts touchant forêts, maquis, terres agricoles et abords de villages.
La reprise de feu du 31 juillet a marqué un moment critique. Attisé par le mistral et une chaleur proche de 42 C, le front a de nouveau gagné du terrain, entraînant des évacuations à Montfort-sur-Argens, Correns, Le Val et Châteauvert. Des habitants ont été mis à l’abri dans l’urgence, parfois après avoir déjà vécu plusieurs jours sous la menace des fumées et des coupures de routes.
À Montfort-sur-Argens, le maire Philippe Chuyen a décrit une commune lourdement touchée, avec une très grande partie du territoire parcourue par les flammes. Les services communaux, les gendarmes et les bénévoles ont accompagné les évacuations, l’accueil des sinistrés et la protection des points sensibles. La priorité a porté sur les habitations, les exploitations agricoles et les accès permettant aux secours de circuler.
La préfecture du Var a annoncé le feu fixé le 7 août au soir. Cette annonce ouvre une phase plus discrète, mais essentielle, faite de noyage, de surveillance aérienne ponctuelle et de patrouilles au sol. Les riverains restent appelés à respecter les interdictions d’accès aux massifs et les consignes locales.
11 200 pompiers mobilisés entre France et Europe
Le dispositif engagé autour du massif illustre l’ampleur de la crise. Plus de 11 200 sapeurs-pompiers ont été mobilisés en cumul sur 18 jours, avec des renforts venus d’autres départements français et de plusieurs pays européens. Cette rotation a permis de maintenir une présence continue malgré l’usure physique, la chaleur et la longueur inhabituelle de l’intervention.
Les moyens aériens ont joué un rôle central lors des pics d’intensité. Canadair, Dash et hélicoptères bombardiers d’eau ont appuyé les colonnes au sol, en particulier lorsque les rafales rendaient certains accès trop dangereux. Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a recensé 14 000 départs de feu depuis le début de la saison et 120 000 hectares brûlés sur le territoire.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuez a souligné le caractère exceptionnel de cet incendie pour le Var, en raison de sa durée. Lors d’un point presse, il a rappelé que le département n’avait pas connu un épisode aussi long depuis le début des archives disponibles. Le nombre de largages a également fortement augmenté cette saison, signe d’une pression accrue sur la sécurité civile.
Les conditions météorologiques ont pesé lourd dans l’évolution du sinistre. Le mistral, associé à une température approchant 42 C, a favorisé une propagation rapide lors de la reprise la plus violente. Dans ce type de situation, les flammes franchissent parfois routes, pare-feux ou parcelles déjà traitées, ce qui oblige les commandants d’opération à redéployer leurs effectifs en quelques minutes.
L’origine exacte de la reprise fait l’objet d’investigations. L’hypothèse volontaire a été sérieusement envisagée par les autorités pour certains départs constatés lors de la réactivation. Les enquêteurs doivent croiser témoignages, analyses de terrain et données horaires afin d’établir les circonstances précises. Pour les communes touchées, la prochaine étape porte sur l’évaluation des dommages, la sécurisation des zones brûlées et l’accompagnement des habitants exposés aux fumées.
Questions fréquentes
- Que signifie un incendie fixé ?
- Un incendie fixé ne progresse plus sur ses principaux fronts. Des points chauds peuvent encore subsister dans les sols, les souches ou les lisières. Les pompiers poursuivent donc le noyage et les patrouilles afin d’éviter toute reprise.
- Quel est le bilan provisoire de l’incendie du Gros Bessillon ?
- La préfecture du Var fait état de 6 300 hectares parcourus par les flammes après 18 jours de lutte. Plus de 11 200 sapeurs-pompiers ont été mobilisés en cumul, avec des renforts venus de France et d’Europe.
- Pourquoi le feu a-t-il été si difficile à contenir ?
- Le relief, la végétation sèche, le mistral et les fortes températures ont compliqué les opérations. La reprise du 31 juillet a provoqué une nouvelle progression rapide du feu, avec des évacuations dans plusieurs communes du centre Var.
À retenir
- Le feu du Gros Bessillon est fixé depuis le 7 août au soir.
- Le bilan provisoire atteint 6 300 hectares parcourus par les flammes.
- Plus de 11 200 sapeurs-pompiers ont été mobilisés en cumul.
- La surveillance continue, car un feu fixé peut encore reprendre.
Sources
- Var : 6 300 hectares brûlés, plus de 11 200 pompiers mobilisés… L’incendie du Gros Bessillon fixé après 18 jours
- EN DIRECT – Incendies dans le Var : l’hypothèse volontaire «sérieusement envisagée» pour la reprise de feu du Gros Bessillon
- Incendies. Reprise brutale du feu dans le Var, 1 000 hectares parcourus et 2 500 évacués, la Gironde toujours pas fixée, l'essentiel de ce vendredi
- Dans le Var, l'incendie du Gros Bessillon reprend de l'ampleur | France Inter
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